Les oubliées des Oscars

Impossible de faire une hebdo sans parler des nominations qui sont tombées la semaine dernière. Du côté français comme du côté américain, tout le monde était aux aguets de ces fameuses annonces.

LES OUBLIÉES

Comme chaque année, la liste des nominé.e.s tombe et le même schéma ne cesse de se répéter. Nous l’avions écrit dans notre article rétrospectif sur l’histoire des Oscars et sa fâcheuse habitude d’ignorer les cinéastes féminines, pour revivre à nouveau la même déception. Rappelons le chiffre clé : seulement 5 réalisatrices nommées dans toute l’histoire de la cérémonie. Un an après la surprenante, mais si bien accueillie nomination de Greta Gerwig comme meilleure réalisatrice pour Lady Bird et le débat qui s’est ouvert, qui peut nous en vouloir d’avoir espéré du changement ?

Cette dynamique des Oscars est autant un cercle vicieux qu’elle ne récidive. Mais pourquoi ? Avant de vous faire découvrir 5 réalisatrices qui méritaient plus d’attention cette année, analysons la synergie #AwardsSeason. Même si tous les membres de l’Académie peuvent voter pour les gagnants, les votes pour la catégorie du Meilleur Réalisateur ne sont ouverts… qu’aux réalisateurs.rices du comité. Les cinéastes féminines sont donc enfermées dans un carcan pendant toute la production jusqu’aux votes. Cette composition plus que majoritairement masculine n’aide pas la reconnaissance des femmes dans la compétition, malgré tous les pin’s mis sur les costumes et promesses faites depuis des décennies.

Faire candidater son film à ces grandes compétitions coûte de l’argent, énormément d’argent (environ 7,000€ aux Césars pour un film étranger), et nous remarquons que les films dirigés par des femmes sont souvent portés par des boîtes de production indépendantes. Cela veut dire que les petits studios font confiance aux réalisatrices pour soutenir les projets mais ne peuvent se permettre de faire la promotion et de les soumettre aux grandes compétitions comme les hommes.

Et c’est à ce moment là que l’industrie excelle dans son paradoxe. Lorsque les femmes sont en tête d’affiche, elles réussissent mieux au Box Office que les hommes (Enquête Creative Artists Agency/Shift7), et les blockbusters ne perdent pas en succès quand une femme est derrière la caméra (Wonder Woman). Tout laisserait à penser que les femmes ont leur place à la « table des grands » mais encore une fois ce n’est qu’hypocrisie puisque ce n’est que performatif. On laisse la chance aux femmes, elles excellent, mais c’est comme dire bravo au dessin d’un enfant : l’encourager sans le prendre aux sérieux. Il y a  donc tout un travail de reconnaissance à prendre en jeu, sans parler du paternalisme qu’exercent les hommes sur les réalisatrices. Combien de discours radicaux, scandales et d’hashtag sur les réseaux sociaux a-t-on besoin pour voir du changement ?

Voici donc une petite sélection de 5 films dirigés par des cinéastes féminines que nous n’avons pas oubliés :

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CAN YOU EVER FORGIVE ME? DE MARIELLE HELLER

Le deuxième film de Marielle Heller a offert ce que les critiques considèrent comme le meilleur rôle de Melissa McCarthy, qui lui a valu une nomination pour Meilleure Actrice. Marielle Heller rejoint la table des nombreux cinéastes à faire un film inspiré d’une histoire vraie cette année, avec une poignée de nominations dans le cœur et une place parmi les Meilleurs Réalisateurs regrettée.

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A BEAUTIFUL DAY DE LYNNE RAMSAY

Le drame très sombre de Lynne Ramsay a tellement fait parlé de lui que personne ne s’attendait à un tel manque de reconnaissance de la part des « big ». A beautiful day est un vent frais, dans le cinéma thriller. Le genre est réinventé et porté par un scénario et des performances incroyables. Lynne fera encore parler d’elle, et nous avons les oreilles grandes ouvertes.

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REVENGE DE CORALIE FARGEAT

Il est très rare de voir des cinéastes français.es s’aventurer dans des thrillers. Et c’est pourtant ce qu’a fait Coralie Fargeat, avec brio et audace. Poignant dans son radicalisme, dans son message et sa mise en scène presque pop, c’est avec autant de surprise que de déception que nous remarquons son absence aux Oscars et Césars.

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COME AS YOU ARE DE DESIREE AKHAVAN

Nous en demandons peut-être beaucoup mais Come as you are de Desiree Akhavan était une révélation dans le cinéma LGBTQ, dont nous avions déjà parlé dans cet article. Totalement snobbé cette année, il fallait tout de même s’y attendre, compte tenu du petit studio qui a distribué le film.

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LA FÊTE EST FINIE DE MARIE GAREL WEISS

Sortie en début d’année 2018, il est difficile d’oublier le duo poignant et l’alchimie électrique dirigés par Marie Garel Weiss. Dans son premier long métrage, la cinéaste française parle de son histoire avec la toxicomanie, rendant le film d’autant plus prenant. Côté succès, nous aurions aimé que la fête dure un peu plus longtemps.

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