#VFF2018 | Ces femmes en tête d’affiche

La Mostra de Venise a pris le flambeau de son voisin Cannes, le vendredi 31 août, en signant une charte en faveur de l’égalité hommes/femmes au sein de l’organisation. Le festival s’attirait déjà les foudres des médias à cause de son fort manque de réalisatrices en compétition (pour The Nightingale). Cette charte a également deux autres objectifs : la « transparence des informations relatives aux films reçus et sélectionnés » ainsi que dans « la composition des organes de direction et des comités de sélection ». Le document a également été signé par Women in Film Italia, association pour la défense de la parité et émanation du réseau mondial Women in Film.

En attendant l’année prochaine pour voir si ce texte a été respecté, revenons sur ces actrices et films qui ont marqué le festival. En effet, cette saison s’annonce glorieuse pour ces nombreuses actrices en tête d’affiche, qui sont de plus en plus nombreuses. Pendant ces quelques jours nous avons remarqué que les films qui nous ont le plus marquées et le plus plu étaient menés par des figures féminines, d’où cet article. Cliquez sur les images pour accéder à la bande-annonce du film, si elle est sortie !

AMANDA

Amanda a été la plus grande surprise du festival, d’une part parce qu’il est rare qu’un film français plaise autant, et ensuite par combien il résonne longtemps après son visionnage.

Paris, de nos jours. David (Vincent Lacoste), 24 ans, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda (Isaure Multrier).

En lisant les critiques internationales, nous comprenons que ce film n’aura pas le même écho chez nos voisins. Toutefois, même si Amanda a tout d’un drame, c’est abordé avec l’innocence de sa protagoniste et une légèreté qui ne laisse personne indifférent. La petite Isaure Multrier rappelle Brooklynn Prince de Florida Project avec sa fougue et la positivité qu’elle radie tout au long du film, sans oublier son jeu d’acteur poignant. Amanda se pose comme un film nécessaire et cathartique, qui vous prend par le cœur du début à la fin avant de se terminer sur un murmure qui vous rappellera qu’il y a toujours de l’espoir. Chacun des personnages est attachant et Vincent Lacoste délivre sa meilleure performance, aux côtés de la douce Stacy Martin que nous retrouvons dans le coup de cœur #2. Des personnages aux sourires rayonnants dans un Paris nuagé.

VOX LUX

Stacey Martin pourrait presque dominer ce festival avec une autre apparition dans le film Vox Lux de Brady, qui n’a pas fini de diviser. Elle interprète la sœur de Celeste (Raffey Cassidy/Natalie Portman), une jeune américaine survivante d’une tragédie qui utilisera la musique pour tenter de soigner ses maux. Coulisses d’une industrie musicale sans pitié, le lourd poids du stress post-traumatique et la menace terroriste, des points tous autant importants que presque tabous. Vox Lux divise étant donné qu’il s’agit d’une expérience qui peut vite tourner au ridicule, avec un jeu de Natalie Portman si différent et vivant que certains l’ont qualifié de « ridicule ». Avec du recul, ce rôle peut s’affirmer comme une de ses meilleures performances et qui lui offrira de nombreuses nominations cette année. Ce film est plein de surprises, que ce soit par la voix de Willem Dafoe qui vous accompagne, les musiques produites par SIA et une bande originale psychédélique.

SUSPIRIA

Après le poétique et renversant Call Me By Your Name, Lucas Guadagnino change complètement de registre et s’attaque à une version alternative du célèbre Suspiria (1977). Difficile à décrire tant l’expérience est riche autant par la direction photographique, que par sa musique originale terrifiante signée Thom Yorke et un montage excellent qui rappelle les classiques de Stanley Kubrick. Malgré un scénario bancal et des scènes gores qui vous restent plus en tête que le film lui-même, Suspiria mérite le succès qu’il génère. Dakota Johnson est, par ailleurs, révélée dans ce rôle drastiquement différent de ses projets précédents, pour notre plus grand plaisir.

THE FAVOURITE

Entre Colette et Vita & Virginia, Hollywood nous régale cette année avec les drames baroques. Dans ce film inspiré d’une histoire vraie, dans l’Angleterre du 18ème siècle, la reine Anne occupe le trône avec le soutien de son amie proche Sarah, elle s’occupe de sa santé et l’aide à régner jusqu’à ce qu’une nouvelle servante, ancienne aristocrate aussi charmante que menaçante (Emma Stone) fait son entrée à la cour. C’est un trio inattendu et magnétique servi dans une production qui fait rêver, au milieu des costumes baroques divins signés Sandy Powell. Emma Stone s’essaye à l’humour noir, entre le duo Rachel Weisz et Olivia Coleman à la dynamique partagée entre tragique et comique. Trahisons, passion et hypocrisie politique, Yorgos Lanthimos dévoile les dessous de cette cour dorée avec brio tout en gardant, on peut le dire, sa patte.

Note: The Favourite figure dans notre article sur les 10 films LGBTQ+ de l’année 2018, à lire ou relire ici!

JOY

En sortant de la salle la première chose qui traverse l’esprit est combien nous nous attachons facilement aux personnages s’appelant Joy, d’abord avec Jennifer Lawrence puis Joy Alphonsus. C’est sous une approche documentaire que la réalisatrice Sudabeh Mortezai nous emmène dans les coulisses du rêve européen. Comme de nombreuses immigrées, Joy, Nigérienne immigrée à Vienne, est coincée dans le cercle vicieux du trafic sexuel. La réalisatrice réussit à montrer les différentes dynamiques au sein de ce milieu, que ce soit les balances de pouvoir entre femmes qui dominent et sont dominées, ou le semblant de solidarité qui réunit ces mêmes victimes. Sans tomber dans le tragique, on s’attache à chacune de ces femmes, de Joy la battante jusqu’à la jeune Precious qui débute sa quête de l’utopie européenne, non pas par pitié mais par instinct. Tout au long du film Sudabeh Mortezai redéfinit la ligne entre vivre et survivre, dans une réalité aussi proche qu’elle nous hante.

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